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Commentaires d'Olivier Lacroix, petit-fils du photographe
Commentaires d'Olivier Lacroix, petit-fils du photographe
Commentaire d'Alain Sayag, conservateur du département photos du Centre Georges Pompidou
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Arrêt sur image: La mort et les statues de Pierre Jahan
Destruction de statues pour récupérer les métaux.
19491-3
© Pierre Jahan / Roger-Viollet
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Contexte du reportage par Olivier Lacroix, petit-fils du photographe
L’histoire de La mort et les statues démarre en décembre 1941. Pierre Jahan, mon grand-père, reçoit un coup de fil d’une amie qui l’informe que des camions entiers arrivent bâchés d’où émergent des bras, des tête de statues. Ils viennent vider leur chargement dans un entrepôt, avenue du Général Bizot dans le 12ème arrondissement de Paris. C’est en venant à cet entrepôt que Pierre Jahan a pu se mettre d’accord avec les ouvriers qui ont accepté qu’il fasse un reportage photographique sur ces statues déboulonnées. Il a appris par la suite ou pendant son reportage, qu’elles étaient destinées à être concassées pour servir l’effort de guerre allemand. Dans son décret du 11 octobre 41, le Maréchal Pétain procédait à l’enlèvement des statues et monuments en alliage cuivreux. Les victimes, les premières victimes de ce travail de destruction, ont été les philosophes : tout le siècle des Lumières. On a laissé Jeanne d’Arc mais on a déboulonné Condorcet, Chappe, Marat.
Jahan connaissait très bien Paris : il a été surpris de voir, par exemple, que les alligators de la Place de la Nation dans le 20ème arrondissement, qui était une place très grande avec une fontaine majestueuse, se retrouvaient déboulonnés et mis à la casse comme ça dans cet entrepôt. C’était une part de Paris qui disparaissait sous ses yeux !
Le reportage sur La mort et les statues s’est fait très très vite, c’est-à-dire en une heure et demi. C’était au petit matin de l’hiver 41, de décembre 41, Pierre Jahan s’était mis d’accord avec les ouvriers qui, écœurés par ce travail, l’ont laissé approcher et faire les photos qu’il souhaitait.
La récession était assez importante sous cette période d’occupation, il lui restait peu de pellicules et encore moins de lampes flash. Il a dû faire ce travail rapidement non seulement parce qu’il y avait le risque de se faire prendre par la police de Vichy ou par les autorités allemandes, mais aussi parce que lui-même était assez pauvre en matériel.
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